Idriss Deby : "immergé dans ses souvenirs parisiens"
Chronique d’un séjour parisien
Par La Rédaction de Tchadvision
Dans l’avion présidentiel, un brin de satisfecit flotte. Idriss Deby est encore immergé dans ses souvenirs parisiens. En route pour Tripoli mardi matin, le tsar de N’djamena revisite trait par trait l’agenda très chargé d’un séjour privé en France.
Le check-up, les réseaux france-Afrique, les opposants en exil ; tous ces dossiers ont été gérés avec brio.
C’est un Deby bien comblé qui atterrit en Libye. Paris ! La capitale française marque, mêmes les plus habitués de la Tour Eiffel, tout visiteur comme au premier jour. Les spasmes de douleur et signes de rejet de la greffe de foie se sont à présent estompés. Plus de soucis, le check-up et son corollaire d’opération chirurgicale se sont déroulés sans anicroche. L’équipe de Professeurs en médecine (Pitié salpêtrière, Hôpital Américain, et Cochin) ont passé au peigne feint le dossier médical du patient tchadien. C’est n’est pas une vulgaire pathologie que l’on chope sous les tropiques qui va entuber l’aspiration d’un pouvoir ad vitam.
La barbouzerie dirigé d’une main de fer par IDI a encore des jours de quiétude à couler. Les réseaux de la cosa nostra françafricaine assurent les fondements vacillants du régime. Alain berger, Jacques Desmaux, Véroniques Chevalier ont reçu le quitus des cénacles politico- parlementaires de l’hexagone. Au parlement et au sénat, Alain Berger s’est acheté les bonnes grâces de quelques députés influents. Jacques Desmaux, avec discrétion, a pris langue avec la grande muette et les milieux militaires. Par ces temps de mondialisation et son cortège d’organisations « agitées », Véronique s’est faite le Chévalier de la cause du Tchad auprès des organisations des droits de l’homme qui se montrent un peu trop zélé. Les fonds du pétrole maquillés en comptes personnels, les exactions, les mouvements politico-armés ; le flair des occidentaux doit être captivé par de préoccupations sonnantes et trébuchantes. Le vieux Bongo en sait désormais quelque chose. Sa fortune en France a été dévoilée par des illuminés en mal de dénonciation.
Véronique Chevalier a aussi mandat de brouiller les pistes de Luis Moreno Ocampo. Le bouillant procureur de la TPI pourrait, par ces temps de justice internationale, lancer ses fins limiers sur les pistes du Tchad à la recherche d’éléments de « crime de guerre ». C’est à dessein, que Deby a foncé dans les sinueux couloirs de l’Elysée. Le couple Sarko-Kouchner a été sollicité pour faire face à d’éventuelles foudres du TPI. L’autocrate n’est pas content de la passivité de l’Eufor. Il compte bien faire pression sur les positions du Ministre français de la Défense. Avec la fin de la saison des pluies et l’imminence des hostilités, le soldat-Deby espère faire bouger l’attitude fichée de ses protecteurs. L’Eufor, vu de N’Djamena, doit demeurer un bouclier de protection. Cette sainte doléance a été déposée pieusement au pied du maître de l’Elysée. Paris n’est montré très magnanime. Tous les contrats d’achat d’armes avec les marchants des pays de l’Est ont été réétudiés par le biais des entrepreneurs français sous l’œil complice des autorités françaises.
Entre deux audiences privées, le pseudo- démocrate a consulté une certaine crème de l’opposition tchadienne en exil. Les croustillantes coulisses de cette rencontre seront distillées en temps opportun. Avant de s’engouffrer dans l’avion présidentiel, Idriss Deby a instruit les ambassadeurs du Tchad en Russie, en Belgique et en Allemagne. Les plénipotentiaires ont été appelés à contribution pour traquer l’opposition en exil sur le vieux continent. Selon certaines indiscrétions, Ismaël Chaïbo directeur de l’ANS dispose d’importants moyens financiers pour mener à bien la sale besogne. Mahamat Abderhaman Haggar est le puissant bras armé de l’ANS en France. Il doit recruter et régler les factures des tueurs à gage.
Une fois le sol de Tripoli foulé, Deby est accueilli par le colonel Kadhafi. Le guide libyen glisse une bonne nouvelle à son filleul. « Je te livre des armes par voie terrestre », a-t-on appris des sources concordantes. Extase. Le ciel est bleu entre Tripoli et N’Djamena. « Au fait comment se fait-il que Mahamat Ali Abdallah se porte si bien ? ». La joie s’est un tout petit peu estompé dans l’entourage présidentiel. Grincements de dents. Les bulletins de renseignent annoncent un regain d’activité politique des mouvements armés dans l’Est tchadien vers une union. Pas de répit dans le calendrier présidentiel. La barbouzerie sera bientôt en ébullition.
La Rédaction de Tchadvision
Source : Tchadvision.com