Affaire Habré : le Sénégal ne peut pas être Juge et partie.

Publié le par Waldar



Toute personne qui s'estime victime d'une quelconque injustice peut, si elle le souhaite, réclamer justice. De même, toute personne accusée, à tort ou à raison, doit pouvoir se défendre. Ainsi va la justice.
 

Hissein Habré comme toute autre personne est justiciable et comme nous et vous, il doit jouir de tous ses droits civiques. Toute personne accusée est présumée innocente jusqu'à ce que la justice établisse sa culpaiblité. Force est de constater que c'est bien loin le cas pour l'ancien président tchadien qui est déjà jugé et condamné. Pire, tous les faits reprochés à son régime sont ramenés à sa seule personne. C'est une injustice manifeste.


Sans entrer dans les détails grotesques et mafieux de cette affaire où s'entremêlent politiques et corruptions, où le mensonge et les violations du droit sont la règle du jeu, il faut seulement souligner que nous avons à faire ici à des « victimes » toutes particulières. S'il ne fait aucun doute que certaines sont fabriquées (Clément Aboufouta), précisons que la majorité est issue des rangs des comploteurs qui ont fait tomber le régime de la 3ème République. Dès lors, leur cas pose véritablement problème.


Aujourd'hui, nous observons que les campagnes médiatiques, pompeusement financées par des sources bien identifiées (Libye, Tchad, France) pour d'une part criminaliser à outrance l'ex-président Hissein Habré et d'autre part couvrir le génocide perpétré au Tchad depuis l'installation au pouvoir d'Idriss Deby Itno en 1990, affichent des résultats piètres face à une défense qui n'a pas encore brandi toutes ses armes.


Aussi, il se confirme de plus en plus que le Sénégal d'Abdoulaye Wade n'est plus le juge désigné dans cette affaire. Sa partialité est de plus en plus une évidence et dans chacune de ses sorties, Abdoulaye Wade étale sa complice dans cette odieuse machination.


Rappelons qu'après avoir bafoué à deux reprises les décisions de ses plus hautes intenses judiciaires, le président sénégalais est allé quémander un prétendu mandat pour organiser le procès de l'ex-président Hissein Habré. Puis, malgré qu'il ne l'ait pas obtenu, il a continué à faire croire le contraire et a foncé tête et yeux baissés pour travestir tout l'ordre juridique et constitutionnel de son pays, allant jusqu'à mettre en cause un principe fondateur et universel du droit à savoir l'impersonnalité et la non rétroactivité de la loi. Les multiples déplacements en Libye expliquent toutes ces manoeuvres politico-judiciaires de circonstance. Et dire que tout cela est fait rien que pour rendre justice à une catégorie de Tchadiens ? Faut-il rappeler qu'en 2000, la justice tchadienne, saisie par ces mêmes organisations de droit de l'hommistes, s'est déclarée incompétente pour juger des prétendus tortionnaires de la DDS ?


Curieuse manière donc de vouloir traiter cette affaire car après tout, les faits se sont passés au Tchad et les « victimes » tout comme les « accusés » y résident en majorité. Dès lors, comment expliquer que les sénégalais s'efforcent d'organiser un procès sans tenir compte du contexte de non droit qui prévaut aujourd'hui au Tchad. Comme l'a si bien dit un homme clé de cette cabale, le Magistrat Mahamat Hassane Abakar, géniteur du rapport monstrueux de 40.000 morts : « ...aujourd'hui au Tchad, il y a l'impunité totale c'est à dire, les gens sont arrêtés, torturés, violés, tués, décapités, disparus sans que leurs auteurs ne soient poursuivis...».


L'article intitulé « Hissein Habré attaque le Sénégal, les victimes défendent Abdoulaye Wade » est tout aussi révélateur. Il met en exergue les accointances des organisations des droits de l'hommistes avec l'Etat sénégalais, maintes fois dénoncées par la défense de l'ex-président Tchadien. Fait confirmé par Abdoulaye Wade lui même dans sa récente interview accordée au journal français «La Croix » : «… le Sénégal a travaillé avec l'UE et l'organisation Human Right Watch pour élaborer le budget servant de financer le procès...». Et dans rajouter : «… pour l'heure, nous n'avons reçu aucun rond. Le Sénégal saisira l'UA au prochain sommet prévu en janvier 2009 et si cela persiste je pense que je vais renvoyer Hissein Habré au Tchad, en tout cas je ne le garderai pas encore longtemps...». C'est sans commentaire, ça aurait été plus complet pour le président sénégalais d'envisager une escale en Libye.


Abdoulaye Wade est juge et partie dans cette affaire. Il s'est disqualifié d'office. A défaut de pouvoir bouffer les 18 milliards demandés pour le procès, il fait du chantage en menaçant d'expulser l'ancien président Tchadien. Sauf qu'en terme d'expulsion, Abdoulaye Wade n'a pas le droit de choisir le pays de destination pour l'expulsé.

 


Le vieillard de 93 ans, piètre Avocat qu'il a été (la seule affaire qui lui est connue date de 1963 quand il défendait Mamadou Dia contre Senghor et on connait la suite...), économiste des années 40, opposant politique poisseux, est aujourd'hui dépassé par les évènements dans son propre pays, lui même indexé dans l'assassinat du président du conseil constitutionnel en 1993, le Juge Me Babacar Seye et sa famille dans la banqueroute du Sénégal

ambenatna

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