N'Djamena : psychose d'une incursion rebelle

Publié le par Hamid K.

Par Dieudonné Gaïbaï



Des Tchadiens par petits groupes rallient Kousseri dans la crainte d'une attaque de la rébellion.

On est bien loin des arrivées massives à Kousseri qui ont caractérisé la tentative armée de prise de pouvoir par les rebelles au Tchad il y a quelques semaines. Mais il est indéniable, que chaque jour depuis la semaine dernière, de nombreuses personnes quittent à pied, à motos ou encore à bord des véhicules, la capitale tchadienne. Au pont N'guéli, principale passerelle entre N'Djamena et Kousseri, un policier en service au commissariat central de Kousseri, confirme le départ avec bagages des familles. Lesquelles disent redouter un assaut des rebelles. Et pourtant, dans le cœur de la capitale, les activités des services publics battent leur plein. "Les activités ont repris normalement. C'est vrai qu'il y a une rumeur qui dit que les rebelles pourraient attaquer. Il n'en est rien pour le moment", laissent entendre des responsables de l'office de Radio et Télévision du Tchad que nous avons joint au téléphone, Un opérateur économique est pour sa part anxieux quand à la poursuite de ses activités à N'Djamena.

"Nous avons des contrats qui étaient en instance de paiement depuis fin janvier. Avec l'attaque des rebelles, les services donnent l'impression de fonctionner, mais on ne semble pas prendre des mesures importantes. Il y avait des projets qui devaient entrer en action ces jours-ci, mais les bailleurs de fonds ne semblent pas vouloir s'engager dans la réalisation des infrastructures qui pourraient ne pas aboutir, du fait d'une attaque rebelle. Nous avons des factures qui ne sont pas payées. Nous attendons, ça plombe nos affaires."

Supputations

Mais un journaliste de l'Observateur nous a confiés que de nombreuses actions du gouvernement laissent libre cours aux supputations sur un retour des rebelles. Il y a quelques semaines en effet, Idriss Déby Itno a entrepris la construction des tranchées minées au niveau des trois principales entrées de la ville qui abrite les institutions politiques du Tchad. L'essentiel des bâtiments qui se situaient dans le pourtour de la présidence de la République ont été mis à plat aussi bien dans les quartiers Farcha que Djambalbare. Mais Abdelnasser Garboa, chef de service de la communication à la mairie de N'Djamena justifie ces casses par "une opération d'expropriation de quelques personnes. Ce qui rentre dans le cadre de l'urbanisation de la capitale. C'est un vieux projet que nous avions. Mais comme il survient dans un contexte particulier, les gens confondent tout." Une explication qui ne convainc pas les nombreux Tchadiens présents à Maroua. La coïncidence est troublante, laissent-ils entendre.

Au-delà des personnes qui rallient à moto, le camp des réfugiés de Maltam I, il y a d'autres, plus nantis que d'autres qui s'installent ou ont réussi à s'installer à Maroua, Garoua…. Hier après-midi par exemple, l'Hôtel Le Sahel de Maroua affichait complet. Les nombreux véhicules immatriculés au Tchad sont de plus en plus visibles dans les rues ensoleillées de Maroua et se retrouvent dans les parkings des résidences privées et quelquefois des services publics. Il n'est pas rare de rencontrer dans les principaux points chauds de Maroua, des Tchadiens en quête soit d'une bière, d'un poisson, de vêtements…
De nombreuses ventes immobilières sont signalées. A coup de millions, affirme Hamidou Aminou, propriétaire immobilier, "ils achètent les maisons.

J'ai vendu le week-end dernier, une de mes maisons de Douggoï à 13 millions de francs Cfa alors qu'en temps réel, je ne pourrais la vendre qu'à 8 ou 9 millions de Fcfa. L'avantage c'est qu'ils payent cash." De nombreux acquéreurs que nous avons contactés se sont refusés à tout commentaire. Motif pris de ce que leur statut étant précaire, ils ne souhaitaient point s'exprimer sur le territoire Camerounais. Mais ils ne manquent pas d'indiquer que de nombreuses personnalités tchadiennes ont d'ores et déjà fait venir leurs familles au Cameroun. Les lendemains incertains étant une véritable hantise.

N'Djamena : Psychose d'une incursion rebelle
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Des Tchadiens par petits groupes rallient Kousseri dans la crainte d'une attaque de la rébellion.
Dieudonné Gaïbaï
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On est bien loin des arrivées massives à Kousseri qui ont caractérisé la tentative armée de prise de pouvoir par les rebelles au Tchad il y a quelques semaines. Mais il est indéniable, que chaque jour depuis la semaine dernière, de nombreuses personnes quittent à pied, à motos ou encore à bord des véhicules, la capitale tchadienne. Au pont N'guéli, principale passerelle entre N'Djamena et Kousseri, un policier en service au commissariat central de Kousseri, confirme le départ avec bagages des familles. Lesquelles disent redouter un assaut des rebelles. Et pourtant, dans le cœur de la capitale, les activités des services publics battent leur plein. "Les activités ont repris normalement. C'est vrai qu'il y a une rumeur qui dit que les rebelles pourraient attaquer. Il n'en est rien pour le moment", laissent entendre des responsables de l'office de Radio et Télévision du Tchad que nous avons joint au téléphone,
Un opérateur économique est pour sa part anxieux quand à la poursuite de ses activités à N'Djamena. "Nous avons des contrats qui étaient en instance de paiement depuis fin janvier. Avec l'attaque des rebelles, les services donnent l'impression de fonctionner, mais on ne semble pas prendre des mesures importantes. Il y avait des projets qui devaient entrer en action ces jours-ci, mais les bailleurs de fonds ne semblent pas vouloir s'engager dans la réalisation des infrastructures qui pourraient ne pas aboutir, du fait d'une attaque rebelle. Nous avons des factures qui ne sont pas payées. Nous attendons, ça plombe nos affaires."

Supputations
Mais un journaliste de l'Observateur nous a confiés que de nombreuses actions du gouvernement laissent libre cours aux supputations sur un retour des rebelles. Il y a quelques semaines en effet, Idriss Déby Itno a entrepris la construction des tranchées minées au niveau des trois principales entrées de la ville qui abrite les institutions politiques du Tchad. L'essentiel des bâtiments qui se situaient dans le pourtour de la présidence de la République ont été mis à plat aussi bien dans les quartiers Farcha que Djambalbare. Mais Abdelnasser Garboa, chef de service de la communication à la mairie de N'Djamena justifie ces casses par "une opération d'expropriation de quelques personnes. Ce qui rentre dans le cadre de l'urbanisation de la capitale. C'est un vieux projet que nous avions. Mais comme il survient dans un contexte particulier, les gens confondent tout." Une explication qui ne convainc pas les nombreux Tchadiens présents à Maroua. La coïncidence est troublante, laissent-ils entendre.

Au-delà des personnes qui rallient à moto, le camp des réfugiés de Maltam I, il y a d'autres, plus nantis que d'autres qui s'installent ou ont réussi à s'installer à Maroua, Garoua…. Hier après-midi par exemple, l'Hôtel Le Sahel de Maroua affichait complet. Les nombreux véhicules immatriculés au Tchad sont de plus en plus visibles dans les rues ensoleillées de Maroua et se retrouvent dans les parkings des résidences privées et quelquefois des services publics. Il n'est pas rare de rencontrer dans les principaux points chauds de Maroua, des Tchadiens en quête soit d'une bière, d'un poisson, de vêtements…
De nombreuses ventes immobilières sont signalées. A coup de millions, affirme Hamidou Aminou, propriétaire immobilier, "ils achètent les maisons. J'ai vendu le week-end dernier, une de mes maisons de Douggoï à 13 millions de francs Cfa alors qu'en temps réel, je ne pourrais la vendre qu'à 8 ou 9 millions de Fcfa. L'avantage c'est qu'ils payent cash." De nombreux acquéreurs que nous avons contactés se sont refusés à tout commentaire. Motif pris de ce que leur statut étant précaire, ils ne souhaitaient point s'exprimer sur le territoire Camerounais. Mais ils ne manquent pas d'indiquer que de nombreuses personnalités tchadiennes ont d'ores et déjà fait venir leurs familles au Cameroun. Les lendemains incertains étant une véritable hantise.


source: quotidienmutaions.info

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